lundi 7 novembre 2016

Finition et vernis part 1







 La partie la plus fastidieuse commence, je viens de passer un bouche pore sur l'acajou qui est un bois poreux. Le bouche pore est teinté afin de renforcer les veines du bois et économiser la quantité de vernis à passer.












Ci dessous, après les premières couches de vernis au pistolet,


















Gros ponçage de toute la guitare pour niveler le vernis, puis je rebouche tous les creux avec un petit pinceau, avant les couches de vernis de finition,






Le "tobaco sunburst" sur la table est un mélange de "tobaco brown" et une pointe de rouge "cherry", mais avant de passer les couches de finition on doit grattez le vernis teinté qui s'est déposé sur la rosace.









Après avoir grattez délicatement le vernis teinté sur la rosace,
j'ai terminé par la couche de finition transparente.



Je dois laissez les solvants s'évaporer lentement du vernis avant le lustrage de finition, qui ce fera à la prochaine étape.

vendredi 7 octobre 2016

Cintrage des éclisses et montage du corp

Comme souvent, lorsque je travaille, je suis tellement absorbé par ce que je fait que j'oublie de prendre des photos. Je vais donc faire avec ce que j'ai...

 Voici une éclisse cintrée sur le moule, hélas j'ai oublié de prendre des images pendant que je cintrais sur un fer chaud.





Premier assemblage sur la table pour découper les éclisses à la bonne mesure,




puis cintrer les contre-éclisses avant de les coller, la aussi j'ai oublié de prendre des images de la méthode pour fermer le corps,






voilà la caisse fermer avant d'installer les filets d'érable














 le dos de la caisse, on peut admirer la beauté de cet acajou flammé






Là aussi j'ai encore oublié de prendre les images de l'installation des filets, mais en voici le résultat,







 le manche monté,



Pour la suite ce sera la teinture des bois, et le vernis de finition.

lundi 11 janvier 2016

Taylor 814 CE un curieux haut de gamme !

 Alors pour commencer l'année, voici un bon exemple du business des instruments de la mondialisation : La Taylor 814 CE vendu 3800 euros, guitare américaine, d'usine, moyen "haut de gamme", puisque chez Taylor on va de la série 100 à 900.
Une personne est venue me voir avec cette guitare, qu'il s'est offert pour Nöel voulant se faire plaisir en acquérant un modèle, qui déjà est d'un certain prix. Hélas sa joie ne fut pas complète puisqu'il se plaignait de la dureté de jeu et de l'inconfort de son instrument : tu m'étonnes !!!

On avait pratiquement 4 mm sous le mi-grave à l'octave, le double de la hauteur normale d'un instrument convenablement réglé, et à peu près la même chose sous le mi-aiguë.
Comment fait-on pour vendre un instrument dans cet état, sur tout qu'il ne s'agit pas d'une vente par correspondance mais dans une boutique de Montélimar, faite par un vendeur censé être un spécialiste. Non non tout va bien, emballer c'est pesé !



De toute façon il n'y a aucun vendeur qui pourra faire ce travail correctement, c'est donc là que j'interviens !


J'aurai dû prendre une photo de la table, car, pour une 814 ce n'était pas un Sitka AAA, mais tout juste du simple A avec les veines du bois très irrégulières, allant de 0,5 à 2 mm de large et pas toujours parallèle.



Côté finition... je sais bien que les Américains ne nous ont jamais envoyé leurs meilleures guitares, puisqu'ils les gardent pour leur marché intérieur, et que les moins bonnes sont en général pour la France, "çà suffira bien pour les fromages qui puent !", ils ne me l'ont jamais dit comme cela, mais par expérience c'est ce que j'avais compris, pour eux ont est pas un peuple de guitaristes et c'est idem pour Fender ou Gibson, leurs meilleures guitares ne sortent pas du pays, souvenez-vous-en !! Bien sûr les vendeurs ne vous diront jamais cela ....
Un exemple ? admirez l'ajustement du talon pour une guitare de ce prix.
Après avoir testé et contrôlé la guitare, je me suis aperçu que les frettes n'avaient pas été nivelés et avaient de petits écarts un peu tout le long de la touche et particulièrement en bout de manche, comme vous pouvez le voir sur cette photo (ci-dessous) ou l'on voit bien qu'après un surfaçage le plat est bien plus prononcé sur les trois dernières frettes.
Une fois les frettes remises à niveau égal on allait pouvoir s'occuper de ce problème de hauteur de cordes.
Taylor a pour principe de visser ses manches, ce qui peut être pratique en cas de remplacement, donc pour régler l'action de jeux de ces guitares, on ne reprend pas le sillet de chevalet mais l'angle du manche.



















Après avoir démonté délicatement le manche on accède à ce qu'on appelle la "pocket neck" et à la cale d'origine posé par Taylor. Au préalable j'avais pris quelques mesures et fait un calcul de l'angle à refermer.




 Voici la cale d'origine vu sur sa tranche,






 

puis une fois reprise en biseau puisque j'ai enlevé 0,75 mm d'un côté, manoeuvre vraiment délicate et précise si l'on veut obtenir l'action souhaitée des cordes une fois le tout remonté.
La surface de la cale doit être vraiment droite pour plaquer de toute sa longueur entre le manche et le corps permettant ainsi le passage optimum de toutes les ondes qui circulent  à ce niveau.









 Après remontage, l'image parle d'elle même..







Et voilà on a réduit l'action d'une bonne moitié par rapport à son origine, j'ai aussi affiné le réglage au niveau du sillet de tête, en descendant légèrement les cordes au niveau de la première frette, ce qui a rendu la main gauche de son propriétaire pleinement satisfait de son acquisition.
Et malgré les petits défauts que j'avais pu trouver, c'est quand même une guitare qui sonne vraiment bien, maintenant.

lundi 12 octobre 2015

Guitare acoustique, Suite, les filets et bordure de tête et touche

Là on s'attaque à la partie déco, ce qui fait la différence entre le haut et le très haut de gamme. Là je n'ai pas lésiné, j'ai pris du "binding" en érable flammé et des filets érable/ébène, ce qui va donner l'effet "grande classe" une fois vernis, mais ils sont incroyablement difficiles à cintrer puisqu'ils ont une fâcheuse tendance à casser aux endroits flammés pour un oui ou pour un non.




 J'ai préparé la touche et la tête du manche à recevoir les filets sur le premier épaulement et la bordure flammée ou "binding" sur le second, la touche n'aura qu'un épaulement puisqu'elle sera bordée sur  toute sa tranche.

Comme souvent, j'ai oublié de prendre des photos de certaines étapes, de la réalisation de la touche et des incrustations de nacre, mais j'ai fait quelques clichés de l'incrustation de la plaque cache "truss rod", on le verra plus loin dans cet article.









Voici les premiers filets cintrés et collés, avec bien le coup de scie qui permettra aux frettes d'aller jusqu'à la bordure.




La première partie de la bordure érable collée et cintrée.


Les deux bindings flammés terminés, la pointe en bout de touche a été vraiment difficile à faire, elle a cassé plusieurs fois, et il a fallu être zen pour arriver au résultat en photo.



Cela donne une petite idée du résultat, et on commence à imaginer cela une fois vernis....










Les filets cintrés et joints en "open book" du haut de tête, je vous dis pas le temps qu'il faut pour pour les cintrer et les jointer exactement à la forme voulut, car ils n'ont pratiquement aucune souplesse, mais c'est ça le très haut de gamme,



voilà comment je les maintiens pour le séchage après cintrage à chaud et à la vapeur, c'est là qu'ils ont tendance à éclater sans prévenir et que tout est à refaire......trois fois pour cette tête !










Le maintien de la première bordure au collage,





Maintien de l'ensemble des bordures.




J'ai dessiné une fleur de lis pour décorer la plaque cache truss rod, que j'ai collé sur un morceau d'ébène avant de creuser avec une micro défonceuse et terminer les détails aux micros ciseaux,




voilà il ne reste plus qu'à incruster les morceaux de  nacre que j'avais déjà taillés, hélas dans le feu de l'action j'ai encore oublié de faire les photos de l'incrustation.





 Ce sera donc un modèle pour royaliste.... 


Le résultat, même s'il est encore brut car il manque encore le ponçage de finition, laisse imaginer ce que cela donnera une fois teinté en brun/rouge acajou et sous un vernis ambré.



Etape suivante, on passe au cintrage des éclisses de caisse

lundi 21 septembre 2015

Guitare acoustique en acajou flammé (au commencement, le manche)

Il y a quelques temps je me suis procuré de l'acajou flammé, un bois magnifique, mais très dur à travailler, et pour cause, il a une fâcheuse tendance à éclater quand on le travaille.
Cette guitare va être bordé d'érable flammé et de filet ébène/érable multi-plis.  

 Un bois très beau, là on a de quoi faire le fond les côtés (éclisses) et le manche avec son placage de tête en ébène, l'autre morceau d'ébène servira a faire le chevalet.
(j'avais déjà fait la table, on y reviendra)
 Le manche est dessiné et j'ai installé le truss rod, tige de réglage de la courbure du manche.
On voit la touche que j'avais déjà réalisé, en oubliant, hélas comme souvent, d'en prendre les photos.
 Vue de dessus,
 de côté, une fois dégrossit, avec son rajout pour le talon.
la on affine la tête avant de poser son placage en ébène. Précisons que l'acajou flammé éclate sous le rabot et qu'il doit être fini au grattoir et au ponçage. Faut être patient.....







 le truss rod est maintenu en place dans son logement,
puis on rajoute le placage de tête en ébène, reste à découper le contour de la tête.

prochaine étape, les bordures de têtes en érable flammé avec leurs filets érable/ébène.